Saturday, 16 December 2017
 
 
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CPAM: avant tout une affaire de coeur

Oui, il est vrai qu’avant de créer CPAM comme tout bon homme d’affaires, j’ai fait faire une étude de marché dans le but de savoir si le projet était viable financièrement. Mais franchement, je n’ai pas cherché à savoir si l’auditoire visé, Haïtiens, Latino Américains, Africains et Québécois écouteraient une bonne station de radio sur la bande AM. Il y avait d’abord une nécessité dans ces années-là qui était de permettre aux communautés ethnoculturelles du Québec de s’exprimer sur les ondes.

CPAM: avant tout une affaire de coeur

Qu’à cela ne tienne! Si, la nouvelle génération veut faire de la radio, CPAM est là pour elle. D’ailleurs, c’est en fonction de cette génération que je n’ai pas fait de CPAM une radio haïtienne en langue créole

 

Oui, il est vrai qu’avant de créer CPAM comme tout bon homme d’affaires, j’ai fait faire une étude de marché dans le but de savoir si le projet était viable financièrement. Mais franchement, je n’ai pas cherché à savoir si l’auditoire visé, Haïtiens, Latino Américains, Africains et Québécois écouteraient une bonne station de radio sur la bande AM. Il y avait d’abord une nécessité dans ces années-là qui était de permettre aux communautés ethnoculturelles du Québec de s’exprimer sur les ondes.

Particulièrement à Montréal on pouvait entendre les accents des 120 communautés ethnoculturelles dont se compose le Québec sur toutes les tribunes, sauf dans les médias électroniques (radio, télé). On l’a donc comblée, cette nécessité. Il fallait surtout en finir avec la formule «un nègre à la fois».

À la vérité, les Haïtiens étaient les premiers à adopter cette radio. Et ça se comprend: ils avaient 2 fois plus de temps d’antenne en informations, musique et ce petit quelque chose d’indéfinissable qui leur indiquait qu’ils étaient chez eux. Ce petit quelque chose, est-il si indéfinissable? Et, si c’était l’accent? Maudit accent qui nous empêche de nous épanouir dans cette société. Mais attention, qu’en est-il de ces jeunes qui sont nés ici et qui s’expriment avec l’accent québécois? (oui, il existe bel et bien un accent québécois). Maudite couleur aussi, peut-être. Maudit esprit protectionniste!

Qu’à cela ne tienne! Si, la nouvelle génération veut faire de la radio, CPAM est là pour elle. D’ailleurs, c’est en fonction de cette génération que je n’ai pas fait de CPAM une radio haïtienne en langue créole. Il fallait aussi faire atterrir la volonté des Haïtiens de s’intégrer à la société québécoise. Et, de cette manière, le Québécois moyen écoute CPAM et juge que cet accent international, s’il est acceptable pour le français de France, doit l’être tout autant pour l’Africain, le Guadeloupéen ou l’Haïtien.

Aussi avons-nous mis toute notre âme à faire de cette radio un bijou. J’aime particulièrement lorsqu’un visiteur rentre dans nos locaux qu’il nous dise : «Mais c’est formidable. C’est beaucoup plus beau à l’intérieur qu’à l’extérieur». Mais, le plus beau compliment que j’ai reçu, c’est quand nous avons invité le docteur Gaétan Barrette en entrevue durant la campagne électorale et qu’il nous a dit qu’il ne s’est jamais senti aussi confortable dans un studio de radio. On ne fait pas les choses comme les autres.

C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que la direction intervient sur tous les sujets d’actualité pour donner le signal de la ligne éditoriale de cette radio, mais tout en permettant à chacun de s’exprimer librement sur tous ces sujets.

Il faut également ajouter que c’est dans le but de couvrir un plus large auditoire que nous avons décidé de mettre cette radio sur une autre fréquence (1410) à 10000 watts. Sur le plan technique, mission accomplie? Non. Tant et aussi longtemps qui nous dira qu’il éprouve de la difficulté à nous capter, nous continuerons à nous battre pour corriger le tout. Cependant, nous devons reconnaître que nous avons gagné quelques batailles contre les fortes interférences de l’île de Montréal en utilisant spécifiquement les nouvelles technologies à notre portée.

En ce sens, soulignons que depuis plus d’un an déjà on peut nous entendre sur n’importe quel appareil téléphonique, intelligent ou pas, au travail ou à la maison, téléphone mural ou main libre, avec un numéro au Canada, en France, en République Dominicaine et aux Etats-Unis. D’ailleurs, vous pouvez non seulement nous entendre mais nous voir sur le téléphone intelligent.

Actuellement, nous travaillons à mettre au point les dernières touches pour que nos émissions puissent être vues à la télé à certaines conditions qui vous seront dévoilées en temps et lieux. Enfin, en 12 années d’existence, nous avons reçu plusieurs prix, certificats et trophées pour le travail que CPAM fait au sein de la société québécoise. Parmi toutes ces distinctions, il faut souligner ces motions du parlement du Canada, de l’assemblée nationale du Québec et de la Ville de Montréal.

Mais, il faut dire que je suis particulièrement touché par celle venant de Horizons interculturels Québec, le 4 octobre 2014, qui récompense CPAM «pour sa contribution à refléter la diversité ethnoculturelle dans l’univers médiatique du Québec et sa constance dans l’intégration des immigrants». Au cours des prochaines années, nous allons continuer à nous atteler à cette tache qui consiste à travailler à l’intégration des immigrants à la société d’accueil. C’est là notre vision depuis le début. Et, croyez-moi, c’est le programme de toute une vie.

Longue vie à CPAM. Longue vie à nos auditeurs.

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Écrit par Jean Ernest Pierre

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