Sunday, 19 November 2017
 
 
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Giraumon: j’ai hésité cette année

Mais je vois liberté dans ma soupe.

Giraumon: j’ai hésité cette année

Cette soupe ou cette liberté gustative est un rappel de l’histoire de l’indépendance qu’arracha Haïti le 1er janvier 1804 de la France ou tout autre colon.

Je me pose beaucoup, un tas de questions sur son sens pour Haïti en 2016. Je préfère répondre d’entrée de jeu à cette question qui doit trotter dans votre tête : pourquoi il a hésité? Car, c’est devenu tellement machinal de la boire, en famille et entre amis, sans mot dire.

Sinon dire aux vraies «chefes» de cuisine que sont nos femmes, mamans ou «restaveks» qui la préparent combien elle ( cette soupe) nous fait couler l’eau à la bouche.

Cette soupe ou cette liberté gustative est un rappel de l’histoire de l’indépendance qu’arracha Haïti le 1er janvier 1804 de la France ou tout autre colon. Les anciens esclaves dégustaient cette soupe-même qui leur avait été interdite de consommer pendant leur servitude.

C’est avec le souvenir d’être le premier peuple des Amériques à obtenir son indépendance, que de génération en génération, les Haïtiens renouent avec le passé, en la dégustant chaque premier janvier de l’année. Rassurez-vous, je l’ai fait malgré mes hésitations.

Non pas par habitude, ou parce que je crois ou que je vois que Haïti, mon pays, est libre en cette année 2016. Mais parce que moi je suis une pensée libre. J’ai goûté le «Lozey», le navet, le celeri, les clous de girofle ou la dizaine, quinzaine d’ingrédients qui lui donne cette couleur créole jaunâtre, cette capacité nutritive pour un bon soldat de la liberté.

Mon bol (pas bleu) mais de soupe, je l’ai posté sur Facebook en disant à mes «amis» que, franchement, j’ai hésité, mais… Voici quelques réactions sur une trentaine que j’ai reçues : Daniel Mednar : «Tradition oblige mon frère!». Wilky Jean : «Après plus de deux siècles d’histoires, on est même pas capable d’organiser des élections. ..le pays est malade et les dirigeants aussi. ..Alors savoure ta soupe aux noms de nos ancêtres…bonne année 2016!!!».

Et Frantz Mars, mon ami le poète qui m’implore: «Pa bwèl Goudou. Li trò pike. Li trò sale. Ban’m al jete’l pou wou.»
Je l’ai bue Frantz et elle était bonne, très bonne chez les Colimon à Terrebonne. Jeter la soupe Frantz c’est renier Haïti et la liberté qui vient avec ce nom de pays même si ce dernier ne l’est pas.

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Écrit par Jean Numa Goudou

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