Sunday, 19 November 2017
 
 
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Haïti présidentielles: le «Pourquoi pas moi» haïtien

L’élection de Michel Martelly, en 2010, provoque cette intempérie de candidats en 2015 donnant lieu à un carnaval d’inscription dans les locaux du Conseil électoral provisoire.

Haïti présidentielles: le «Pourquoi pas moi» haïtien

Caricature du quotidien haïtien Le Nouvelliste sur le rejet de la candidature de la 1ere dame Sofia Martelly

Estimez-vous chanceux quand même, vous de la diaspora, de ne pas avoir à voter lors des prochaines élections en Haïti. L’inertie du ministère des Haïtiens vivant à l’étranger, ce concernant, vous aura servi à quelque chose. Car, devant 71 candidats à la présidence, vous auriez eu le tournis, l’embarras, la confusion du choix à faire.

La plupart des 71 candidats aurait pu servir au parlement afin d’aider Haïti à voter, modifier des lois qui datent de 1835 dans certains cas ou en abroger quelques unes devenues obsolètes, désuètes.

Le bilan de la dernière législature (49e) est si maigre en cette matière que l’on est en droit de se demander : y-avait-il des sénateurs et des députés au parlement? Il faut toutefois donner au sénateur Steven Benoit le mérite d’avoir fait voter au prix de longues luttes la loi sur le salaire minimum alors qu’il était député de la 48e.

La belle Myrlande….

Je n’arrive pas à enlever de ma tête cette image farfelue de Hubert de Ronceray comme sénateur de la République. Farfelue, puisque ce professeur en sociologie très respecté en la matière même par ses ennemis politiques est mort lors du séisme de 210. Il n’a pas pu servir le pays ni comme ASEC, CASEC, député encore moins comme sénateur. Il voulait être président tout simplement. Comme les 71 prétendants actuels au palais national.

J’ai rêvé entendre la candidature de Myrlande Manigat au Sénat de l’Ouest cette année. Mon rêve n’est pas réalité pour cette fois, qui, j’espère n’en sera pas la dernière. Elle voulait être candidate à la présidence et à défaut de se faire battre à plate couture par Samuel Madistin aux primaires du Mouvement patriotique et populaire dessalinien (MOPOD) elle s’est retirée sans bruit quasiment.

D’ailleurs, certains reprochent encore à l’ancienne première dame, plébiscitée pour un poste de sénateur en 2006, d’avoir refusé. D’aucun suspectent son défunt mari Lesly derrière cette décision de bouder le Sénat, un grand corps dit-on.

Haïtien ou haïssable?

Parmi les 71 candidats, très peu disposent d’une expérience de gestion des affaires de l’État. La réalité de la gestion de la cité leur échappe. Dans ce panier à candidats à géométrie politique peu variable (ils sont de la même famille) on retrouve des médecins, avocats, économistes, agronomes, spécialistes de la sécurité publique, journaliste et j’en passe. Des têtes bien faites et qui sont défaites à chaque compétition électorale d’où leur caractère traditionnel.

Et c’est l’élection de Michel Martelly, en 2010, qui provoque cette intempérie de candidats donnant lieu à un carnaval d’inscription dans les locaux du Conseil électoral provisoire.

Car ce chanteur, harangueur de foule carnavalesque grâce à ces blagues « 100% caca » s’est fait élire finalement alors qu’il n’était sorti que 3e après le 1er tour. Il se faisait rire au nez lorsqu’il s’était présenté comme candidat. Mais, voilà Sweet Micky achève un mandat d’ici quelques mois.

Chacun de ces 71 candidats devait se dire mais : pourquoi pas moi aussi? Tous, dans leur communication politique prétendent qu’ils vont prendre le pouvoir pour un poste de président.

Pourtant le président détient la moitié du pouvoir. Et aucun des chefs de partis ne songe à contrôler le parlement afin de détenir l’autre moitié à travers un premier ministre.

Ah le « Moi ». Haïtien ou haïssable?

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Écrit par Jean Numa Goudou

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