Thursday, 21 June 2018
 
 
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Hôpital des Gonaïves:le Canada aurait-il forcé la main à Haïti?

Le gouvernement canadien savait « clairement » que Port-au-Prince ne disposait pas de tout le budget de fonctionnement nécessaire, soit six millions de dollars, pour le nouvel hôpital dont la gestion est laissée à « La providence », comme son nom l’indique, aux Gonaïves.

Hôpital des Gonaïves:le Canada aurait-il forcé la main à Haïti?

C’est Frantz Liautaud, l’ambassadeur d’Haïti à Ottawa qui l’a affirmé sans diplomatie aucune lors d’une rencontre avec l’Association des médecins haïtiens au Canada (AMHC) le dimanche 10 décembre dernier. Le diplomate accompagnait Hugues Joseph, secrétaire général de la primature (bureau du premier ministre haïtien), de passage à Montréal.

« Le gouvernement de la République avait clairement dit au Canada : nous pouvons faire l’effort de mettre deux millions sur Gonaïves », a souligné le diplomate devant un parterre de médecins et infirmières d’origine haïtienne venus écouter Hugues Joseph sur le Plan stratégique du gouvernement haïtien.

  • « Au départ on avait un problème. Car, ils construisaient quelque chose qui allait être inopérant puisqu’il n’y avait pas les moyens de le faire fonctionner»– Frantz Liautaud, ambassadeur d’Haïti à Ottawa.

La question de l’hôpital des Gonaïves a été soulevée par l’ancien président de l’AMHC, le Dr Harry Prochette. Il n’y a pas longtemps, il a été mandaté par la Francophonie canadienne pour aller voir et étudier la situation de La Providence.

Ce médecin haïtien réalise, par année, au moins deux à trois missions humanitaires en Haïti, soit pour le compte de la Croix-Rouge canadienne ou des Associations régionales, telles « Les Aquinois de Montréal ».

Il déplore le fait que, entre le gouvernement haïtien et son association, les contacts soient aussi mous, que les communications soit aussi difficile entre autres.

  • « Ce qu’on réalise nous, dit-il, c’est que ce sont les structures externes qui nous utilisent mais pas les structures locales. Pourtant on aurait pu réaliser ces missions directement pour le gouvernement haïtien ». Harry Prochette, médecin d’origine haïtienne au Canada

Pression sur Ottawa?
Le secrétaire général de la primature qui dit « avoir moins de pouvoir qu’on lui prête » affirme prendre bonne note et promet de faire rapport à ses supérieurs. Mais pour l’ambassadeur Liautaud les contribuables canadiens, d’origine haïtienne, ont un rôle à jouer dans le déblocage de la situation.

« C’est à vous de la diaspora de forcer des portes. Pas seulement chez nous, car ce sont vos taxes qui ont payé les 30 millions de dollars que cet hôpital a coûté. Techniquement, en terme d’équipement, moi j’ai fait une déclaration lors de son inauguration en novembre 2015, en disant si je suis malade emmenez moi aux Gonaïves ».

Toutefois Mireille Firmin, une professionnelle de la santé d’origine haïtienne prend le contrepied de l’idée du représentant d’Haïti à Ottawa d’aller cogner les portes à Ottawa.

« On ne peut pas faire pression sur le Canada afin qu’il gère à notre place un hôpital qu’il a construit pour nous », dit-elle

Mettre fin à la gratuité?
« J’ai le cœur transpercé de voir que ce bâtiment est un éléphant blanc qui ne sert à rien aujourd’hui », confie Hugues Joseph qui tente de calmer le débat entre le diplomate et la ressortissante haïtienne.

Le secrétaire général du bureau du premier ministre haïtien, Jack-Guy Lafontant, affirme que la gratuité des soins dans un pays où « il existe une demande solvable » est un non sens. Pour Hugues Joseph il faudra tenter de changer le modèle d’affaires de l’hôpital des Gonaïves, seule chance pour La Providence de s’en sortir.

« Pendant que nous avons des gens qui partent toutes les semaines en République Dominicaine, qui paient 10 mille à 15 mille dollars pour deux ou trois jours de soins; on est devenu touriste médical pour Cuba; il y a une demande solvable pour des gens qui peuvent payer »-Hugues Joseph.

« Si on ajoute tout cela dans l’équation des Gonaïves, peut-être que cela aurait une chance. Gonaïves est moins loin que La Havanne, Miami ou Santo Domingo », conclut-il.

Frantz Liautaud ambassdeur d’Haïti à Ottawa et Hugues joseph secrétaire général de la primature recontre des médecins et professionnelles de la santé, d’origine haïtienne, à Montréal

 

 

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Écrit par Jean Numa Goudou

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