Sunday, 19 November 2017
 
 
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Ils dénoncent un projet de privatisation de radio Centre-Ville

À coup de «Abas la dictature» plusieurs membres et anciens membres de radio Centre-ville ont manifesté devant ses locaux, le 29 mars dernier, afin de dénoncer un projet de privatisation de la station communautaire par le l’actuel Conseil d’administration (CA), ce que la direction rejette.

Ils dénoncent un projet de privatisation de radio Centre-Ville

Radio Centre-Ville (RCV), comme beaucoup d’autres radios communautaires au Québec, traverse une grave crise financière, reconnait les manifestants. Cependant, selon les animateurs et animatrices qui contestent la légitimité de l’actuel CA, le manque à gagner est surtout démocratique.

«Si on dit qu’il y a de la dictature au niveau de la direction, c’est parce que cette dernière tient à faire respecter certains principes et règlements de la radio. En ce qui me concerne, il n’y a pas de dictature. Tout est clair et tout a été fait dans la transparence», répond  à ses détracteurs Wannex Lalanne, le directeur général arrivé en poste en automne dernier.

Privatisation?

Les manifestants ont souligné le fait qu’à Montréal actuellement, les fréquences en FM  comme celle de RVC ou de CIBL, deux stations communautaires qui vivent de difficultés financières, sont très convoitées à Montréal. Des  hommes  d’affaires tenteraient de s’en accaparer selon eux.

Lors du rassemblement du 29 mars dernier, la fronde est amenée par Serge Bouchereau, un Haïtien qui a perdu son émission Non stop sur les Antilles. Il va même jusqu’à dénoncer un projet de privatisation de l’organisme.

  • «Depuis un certains temps, un groupe d’individu sans scrupule ont décidé de kidnapper RVC. Ils se sont arrangés, je ne dirai pas élire, pour mettre sur pied un CA frauduleux, illégal pour diriger RCV. Ils ont même osé mettre dehors certaines émissions. Ils cherchent à mettre RCV en faillite pour pouvoir la vendre.»-Serge Bouchereau

Wannex Lalanne, le nouveau directeur de RCV dément avoir annulé l’émission Non stop sur les Antilles à son arrivée à la tête du CA. Il souligne que cette émission fait partie de l’équipe francophone de la radio et à cet égard il n’a rien à voir là-dedans.

«Ce sont les responsables de l’équipe francophone d’expliquer pourquoi ils n’ont pas donné des heures à ces gens-là. J’en ai donné à chaque équipe. Il leur revient de les distribuer aux membres. C’est bien malheureux que ces gens-là aient perdu leurs heures, mais ce n’est pas à moi de porter le blâme», se défend-il.

Chaque équipe culturelle dispose d’environ 7 heures d’antennes par semaine. La seule qui n’a pas encore récupéré des temps d’antenne, depuis la refonte de la radio, est la communauté chinoise. Mais Wannex Lalanne promet de trouver des plages horaires pour  les Chinois. «Son responsable est en vacances et j’attends qu’il revienne», dit-il.

Pas de critique

De plus, deux émissions de l’équipe francophone, animées par des Haïtiens, n’ont plus lieu sur les ondes de RCV. Une autre émission haïtienne, Montréal sans accent, animée par Marlène Rateau, a été sanctionnée par la direction de la RCV cette semaine.

«Si vous outrepassez les paramètres et que vous utilisez les ondes pour critiquer ou faire passer votre point de vue par rapport à ce qui se passe à la radio, à ce moment-là on va réagir», justifie M.Lalanne.

Mme Rateau aurait fait la lecture en ondes d’un article du quotidien Le Devoir du 2 février, «Colère contre la direction de radio Centre-Ville»,  sur la crise actuelle. C’est qui aurait coupé les ponts entre l’animatrice et la direction de RCV. Mme Rateau n’a pas souhaité commenté la situation actuelle pour In texto.

Rentabilité

Depuis septembre 2016, la direction de radio Centre-Ville a vendu pas moins de 23 heures d’antenne à une quinzaine de particuliers, ce qui est autorisé par le Conseil de la radio et de la télédiffusion canadienne (CRTC). Selon la direction de la radio, l’opération a apporté plus de 40 000 dollars dans les caisses de la station communautaires qui croulait sous des dettes.

Elle a pu éponger certaines d’entre elles dont une taxe d’environ 15 000 dollars à la Ville de Montréal.

Depuis 1975, au 102,3 FM, des émissions sont diffusés en français, en anglais, en espagnol, en portugais, en grec, en créole et en mandarin tant sur l’actualité locale que provinciale, nationale ou internationale. Elles sont produites par à peu près  150 bénévoles.

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Écrit par Jean Numa Goudou

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