Saturday, 16 December 2017
 
 
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Immigrants itinérants et sans-statuts

De plus en plus de jeunes immigrants, réfugiés ou sans statut sont en situation d’itinérance constate l’organisme Dans la rue qui vient en aide aux 12-25 ans depuis plusieurs années. L’organisme a enregistré une « augmentation des cas d’immigration en 2016 de 20% ».

Immigrants itinérants et sans-statuts

Dans la rue vient au secours de 1500 jeunes en moyenne par année. Parmi eux entre 50 à 60 jeunes, côtoyés en 2016, sont issus de l’immigration. Or, il n’y en avait pas autant avant, ce qui inquiète l’organisme.

« Il y en a qui arrivent ici pour étudier, ils avaient beaucoup d’espoir de leur famille dans leur pays d’origine. Finalement, cela ne se passe pas comme ils veulent et ils abandonnent les études et ne veulent pas le dire à leurs parents de l’autre coté. Finalement, ils entrent dans une spirale », explique Philippe Lafrance, conseiller principal en matière de communications de Dans la rue.

En moyenne, ils se retrouvent sans domicile fixe après six mois. Dans la rue n’est pas en mesure de préciser leurs origine car “nous ne compilons pas les statistiques quant au pays d’origine des jeunes”, note le porte-parole.

L’organisme les aide à s’héberger temporairement, leur prodigue quelques soins de santé ou psychologiques grâce à une infirmerie et deux psychologues. L’organisme possède aussi une école qui permet à des jeunes de terminer leur secondaire, le cas échéant. Une aide à l’emploi et des services à la famille sont offerts également.

Demandeurs d’asile ?

Et face à cette résurgence de cas de sans-statuts, l’organisme doit développer d’autres expertises. « Ce sont des cas très lourds qui ont de demandes spécifiques en matière d’immigration ou des dossiers de réfugiés, fait remarquer Philippe Lafrance, ça ne se règle pas à l’intérieur de 15 minutes ».

Parmi la clientèle de Dans la rue, il n’y a aucun cas de demandeurs d’asile. Car, le filet mis en place par les autorités fonctionne bien jusqu’à présent selon M. Lafrance. Le porte-parole de l’organisme indique toutefois qu’il « ne serait pas surpris qu’il y ait une augmentation qui va être liée à des gens de partout »

« On n’a pas encore les chiffres de 2017 mais cela pourra être des gens d’Afrique, d’Haïti, d’Europe. On en voit d’un peu partout », dit-il.

Face à cette hausse, Dans la rue a développé un partenariat le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (NHCR-Canada) afin de savoir comment les prendre en charge et où les rediriger aux besoins.

Dans le cadre de ce partenariat, les organisations développeront une expertise permettant la formation d’intervenants et un meilleur accompagnement des jeunes réfugiés à risque d’itinérance dans les questions légales et administratives.

« Devant l’augmentation du nombre de nouveaux arrivants dans nos services, nous devons agir en nous donnant les moyens financiers et pédagogiques pour répondre aux besoins de ces personnes. », explique Cécile Arbaud, directrice générale de Dans la rue.

« Avec une succession de conflits qui ne cessent de prendre de l’ampleur, aujourd’hui les jeunes représentent plus de la moitié des 21 millions de réfugiés. Ce partenariat reflète donc une volonté commune de les aider en leur assurant protection et leur procurant des outils leur permettant de bâtir des vies productives, » affirme Jean-Nicolas Beuze, représentant du HCR au Canada.

« Une nuit Dans la rue »

Fondé par le Père Emmett Johns « Pops » en 1988, Le Bon Dieu dans la rue vient en aide aux jeunes sans-abri ou en situation précaire.

Afin de sensibiliser les Montréalais à la cause, Dans la rue organise ce jeudi « Une nuit dans la rue », un événement interactif au cours duquel une cinquantaine de personnalités publiques et d’affaires passeront une nuit à l’extérieur pour vivre une expérience immersive auprès des jeunes sans-abri.

Parmi les participants, on retrouve le maire sortant de Montréal Denis Coderre. « Participer à cet événement est une occasion unique pour mieux connaître la réalité de Dans la rue et soutenir concrètement cet organisme, qui aide au quotidien des jeunes écorchés par la vie. Quand on sait que la majorité d’entre eux n’ont pas de diplôme d’études secondaires et que plusieurs ont connu les services de la Direction de la protection de la jeunesse, on comprend qu’il faut agir pour le bien de notre communauté », explique Robert Dumas, président de la Financière Sun Life pour le Québec, partenaire présentateur d’Une nuit dans la rue.

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Écrit par Jean Numa Goudou

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