Monday, 25 September 2017
 
 
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Les jeunes noirs et l’école au Québec

Profilage, décrochage, réussite scolaire, les données ministérielles sont alarmantes. Mais prudence dit Édouard Staco, président du Sommet des jeunes noirs.

Les jeunes noirs et l’école au Québec

Devant plus de 300 participants au Sommet socio-économique des jeunes de la communauté noire (SdesJ),  Marie-José Mastromonaco,  vice-présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), égrène des chiffres qui parlent de réussites en français et en mathématiques des jeunes noirs.

Plus de 90% en moyenne dans  les écoles de la CSDM où l’on retrouve une forte  concentration de Noirs comme Louis-Jospeh Papineau dans Saint-Michel, École Montcalm, Saint-Noël Chabanel, entre autres.  Des applaudissements nourris forcent Mme Mastromonaco à interrompre son intervention.

À la fin des acquiescements, elle reprend son intervention avec une nuance majeure : « Nos ados ont des difficultés en matière de décrochage, mais on a de belles réussites ». La vice-présidente de la CSDM avait également de moins bonnes nouvelles qui faisaient grincer des dents, cette fois.

  • Difficulté d’apprentissage : 6,8 % des jeunes noirs contre 2,2% pour le reste de la population
  • Troubles de comportement : 5,8 % contre 2,8 %
  • Élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage qui bénéficie d’un plan d’intervention (HDAA) : 50 % provenant des Caraïbes

« Cela ne veut pas dire qu’ils ne réussissent pas. C’est seulement plus difficile. Est-ce que c’est une autre façon d’apprendre? Peut-être qu’on ne va pas chercher les bons moyens? Je pense qu’il faut qu’on travaille ensemble », analyse Mme Mastromonaco en entrevue à In Texto.

Invité à commenter ces données, Jean-Claude Icart, professeur associé au Département de sociologie de l’UQAM, évoque la pauvreté et des difficultés pour des nouveaux arrivants par rapport au système lui-même.

Le professeur Icart associe à tout cela la question du profilage qui n’aide pas non plus, selon lui. « Le profilage racial n’est pas limité à la police, dit-il, on peut en retrouver autant dans les services sociaux que dans l’éducation ».

Surdiagnostic?

La nature de la problématique de décrochage, de réussite ou de comportement chez les jeunes noirs est à prendre avec une pincette. Édouard Staco, président du SdesJ, invite non seulement à travailler sur les données  «de manière sérieuse », mais aussi à une précaution absolue.

«La prudence que je demande, c’est que si on n’a pas fait faire l’analyse par un comité d’experts, conclure sur le surdiagnostic c’est probablement cela. Mais on n’aurait pas la documentation nécessaire pour avoir un plan d’action là-dessus», fait remarquer M.Staco. C’est la même analyse faite par la CSDM en entrevue à In Texto.

Afin de mieux cerner la problématique, un groupe de travail, composé des membres de la communauté noire et de la CSDM, est créé depuis la tenue du Sommet, le 28 janvier dernier. Ce comité dispose d’un an pour travailler sur ces données et pour présenter son rapport qui sera public, insiste Frantz Benjamin, président du conseil de ville de Montréal.

Le CSPI absente

Si la CSDM a pris une part active au SdesJ, en revanche la Commission scolaire Pointe-de-l’île a brillé par son absence. Pourtant, la CSPI évolue dans un bassin de jeunes noirs de Montréal-Nord, Rivière-des-Prairies et Pointe-aux-Trembles. La Commission scolaire de la Pointe-de-l’île n’a pas répondu à notre demande d’information par courriel ou par téléphone.

 

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Écrit par Jean Numa Goudou

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