Monday, 25 September 2017
 
 
Recherche
Actualités
0

Migrants : « préparez-vous à quitter »

L’administration Trump a demandé systématiquement, jusqu’au 22 juillet dernier, aux ressortissants haïtiens liés par le TPS de se préparer à quitter les USA éventuellement, ce qui a créé un vent de panique chez ces gens qui prennent la direction du Canada selon Marleine Bastien du Centre des femmes haïtienne de Miami.

Migrants : « préparez-vous à quitter »

Toutefois, Antonio Rodrigue, le chancelier haïtien, affirme, sans détour, que ces Haïtiens concernés par le TPS, ne feraient pas partie de la foultitude de demandeurs d’asile au Canada, une thèse rejetée par un autre spécialiste en immigration à Montréal, cette fois.

En visite au Canada, le ministre haïtien des Affaires étrangères précise que les migrants qui arrivent en rafale à la frontière canado-américaine proviendraient d’autres pays comme le Brésil.

« On a beau dire que ce sont des gens qui s’inquiètent de l’échéance du TPS, mais les faits montrent que ce n’est pas le cas », déclare le ministre lors d’une conférence de presse à la Maison d’Haïti où il venait de rencontrer des leaders de la communauté haïtienne de Montréal en vue « d’évaluer la situation ».

« Ce sont des gens qui travaillent, qui sont dans une situation confortable, renchérit Antonio Rodrigue, ils n’allaient pas laisser tout cela pour venir au Canada ». Le diplomate admet plus loin qu’ « il y en a quelques uns qui sont concernés par l’échéance du TPS ».

Fausses infos

De son coté, François Jean-Denis, un spécialiste en immigration qui dirige la firme Visionmax services, affirme sans détour, dans une vidéo promotionnelle  pour une séance d’informations ce 13 aout à l’intention des demandeurs, que l’afflux de  ces derniers à la frontière est la conséquence directe du non-renouvellement potentiel du TPS.

« C’est aussi le résultat de notre indiscipline, dit-il, de gens racontent tout et n’importe quoi sur Facebook et tentent de faire croire qu’il existe un programme spécial d’immigration au Canada alors que ce n’est pas le cas.»

Toutefois, pour M. Jean-Denis, il faudra accompagner ceux qui ont réussi à passer à travers les mailles du filet d’agents et de postes frontaliers canadiens. Marleine Bastien qui dirige le Centre des femmes haïtiennes de Miami corrobore l’analyse de M.Jean-Denis. « Il y a malheureusement beaucoup de mauvaises informations qui circulent à ce sujet à Miami », dit-elle.

Écoutez Marleine Bastien

Marleine Bastien, la directrice du Centre des femmes haïtiennes de Miami.

Toutefois, ce vent de panique chez les Haïtiens concernés par le renouvellement de TPS est légitime selon elle. Ces ressortissants avaient jusqu’au 22 juillet dernier pour produire une demande de renouvellement, ce qu’ils ont fait dans leur grande majorité.

« Mais dans l’accusé de réception qu’ils reçoivent, le Department homland securiy leur demande clairement de préparer leurs documents de voyage pour un retour éventuel en Haïti », souligne Mme Bastien, ce qui explique ce mouvement migratoire vers le Canada.« Selon moi, l’administration Trump utilise cette tactique de panique pour faire en sorte que les Haïtiens se déportent eux-mêmes.»

Port-au-Prince plaide l’amnistie

Au total, 58 000 Haïtiens en situation d’illégalité aux USA bénéficient d’un statut temporaire. Ce statut arrivera à expiration en janvier 2018 alors que les autorités américaines soufflent le chaud et le froid quant à une prorogation du statut.

Malgré une rencontre, à Port-au-Prince, entre le président haïtien Jovenel Moïse avec John Kelly, actuel secrétaire général de la Maison blanche, et des contacts qui sont remontés jusqu’au vice-président américain Mike Pence rien n’est joué pour les ressortissants haïtiens.

Washington «évalue » toujours la situation afin de déterminer « s’il y a lieu de renouveler le TPS pour une année supplémentaire », soutient le chancelier haïtien qui idéalise une régularisation globale.

« Actuellement, on tente de mettre dans notre camp les personnalités influentes du congrès afin de convaincre le congrès de faire passer une amnistie qui ferait en sorte que ces gens-là obtiennent la résidence permanente. C’est cela la meilleur option.»,

La ministre Auguste, des Haïtiens vivant à l’étranger, le chancelier Antonio Rodrigue et l’ambassadeur d’Haïti à Ottawa,Frantz Liautaud.

 

Partagez:
  • googleplus
  • linkedin
  • tumblr
  • rss
  • pinterest
  • mail

Écrit par Jean Numa Goudou

Il y a 0 commentaires

Exprimez-vous

Votre opinion compte pour nous?
Laissez un commentaire!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *