Monday, 25 September 2017
 
 
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Montréal : la santé des migrants laisse à désirer

Les immigrants sans assurance médicale à Montréal seraient bien plus mal-en-point comparativement aux Canadiens. C’est ce qui ressort des premiers éléments de l’enquête sur la santé des migrants menée par une équipe dont fait partie l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal.

Montréal : la santé des migrants laisse à désirer
                             Magalie Benoit fait la promotion du questionnaire de l’équipe de recherche  dans un commerce haïtien à  Montréal

Cette recherche qui a débuté depuis trois mois a permis à ce groupe multidisciplinaire de retracer 230 personnes sans une carte soleil ou une assurance privée sur un objectif de 900.

Ces personnes ont été référées à des organismes communautaires et à Médecins du Monde (MdM), la seule clinique à Montréal qui offre des soins gratuits aux migrants sans assurance de santé.

L’équipe multidisciplinaire observe que plus de la moitié des participants actuels à la recherche n’ont pas consulté depuis leur arrivée au pays.

«On arrive à des niveaux qui se comparent à des enquêtes qu’on fait en Afrique de l’ouest ou en Haïti», note Valéry Ridde chercheur principal du projet «Comment améliorer la santé et l’accès aux soins des migrants sans assurance médicale».

«C’est le même problème d’accessibilité financière dans les deux cas, fait remarquer Valéry Ridde, en Afrique il faut qu’ils payent alors qu’ils n’ont pas d’argent. Ici, ils n’ont pas d’assurance».

Diabète et hypertension

À leur arrivée, les immigrants, de manière générale, s’estiment être en bonne santé. Mais avec le temps et à cause des problèmes liés à l’accès à l’emploi, discrimination, stress, entre autres, ils finissent par ronger leur sang.

 Car les données révèlent malheureusement  une forte tendance de diabète et d’hypertension chez la majorité des migrants qui se «perçoivent en bonne santé» pourtant.

«L’hypothèse que j’ai c’est que, ce n’est pas parce qu’ils ne l’ont pas (diabète ou hypertension) mais plutôt qu’ils ne savent pas qu’ils l’ont», nuance le chercheur principal Valéry Ridde.


  • Les premiers participants viennent de 30 pays différents
  • Ils habitent dans NDG (40%), Saint-Michel (plus de 20%), suivi de Saint-Laurent
  • Au total 11% des participants sont des Haïtiens

Peur de la déportation

La recherche se poursuivra pour un maximum d’un an supplémentaire. Pendant cette période, MdM doit compiler des données de santé sur au moins 500 migrants. Ces informations seront croisées avec celles que l’équipe multidisciplinaire aura trouvées.

Mais trouver ces immigrants,  serait comme chercher une aiguille dans une boîte de foins. Et comme si ce n’était pas assez, la levée du moratoire sur le renvoi des Haïtiens et Zimbabwéens, le 1er décembre 2014, ne vient pas aider.

«C’est un climat particuliers où les gens ont plus de craintes d’être déportées», déplore Magalie Benoit, coordonnatrice de recherche à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal qui est partenaire dans l’enquête. Elle est régulièrement sur le terrain.


  • 5000 personnes ont été rencontrées et informées du projet et de la situation à Montréal. Ces rencontres ont eu lieu dans  15 lieux de culte  ou lors de  25 spaces/stands installés lors des différents événements communautaires, festivals, ventes de trottoir.
  •  8000 personnes ont été rejointes grâce aux pages Facebook (français/anglais et espagnol) de l’équipe.

Cette campagne a permis à l’équipe de recherche de trouver seulement 200 participants. Les trente autres citées  plus haut viennent de MdM. La majorité de cette population est constituée de familles de moins de 50 ans et avec un statut migratoire temporaire.

Magalie Benoit est confiante quant à l’atteinte de son objectif. «Ce qu’on remarque, c’est que les gens ont le numéro de téléphone de l’équipe. Mais ils nous appellent quand ils sont malade et qu’ils voudront avoir de l’aide», déplore Mme Benoit.

Le 31 Août dernier, une réception a eu lieu à l’Université de Montréal  en présence  de 32 représentants de communautés religieuses, d’organisations communautaires, consulats et ambassade, Universités et autorités de santé publique. L’équipe les a  informées des efforts déployés et invitées à réfléchir sur la nécessité d’agir.

 « Il s’agit d’un problème de santé publique, qui ne peut être résolu qu’avec la participation et l’engagement des instances nationales et internationales ainsi que la collaboration et le soutien solides de toute la communauté.», concluent les chercheurs dans un communiqué.

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Écrit par Jean Numa Goudou

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