Grand Montréal: transférer les commerces haïtiens, un défi pour la chambre

Face aux enjeux démographiques qui touchent aussi bien les communautés culturelles (notamment haïtienne), le transfert des entreprises devient un défi majeur. En ce sens, la Chambre de commerce haïtienne du Canada, qui regroupe 70 commerces dans le grand Montréal, a organisé une rencontre de débat autour du thème «Transfert d’entreprises : des occasions pour tous».
Plusieurs spécialistes du Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) sont intervenus autour de la question devant plusieurs dizaines de propriétaires de commerce de la communauté noire, comme Charles-André Morel, directeur de l’Équipe conseil et expérience client.
«Il y a une grande partie des entrepreneurs qui arrivent à l’âge de retraite et qui ne me trouvent pas preneur», rappelle-t-il en entrevue avec In Texto avant de noter que 16 000 entreprises au Québec ont l’intention de vendre. Historiquement, constate le CTEQ, la majorité des entreprises sont reprises par des hommes blancs «et on veut favoriser les femmes et les communautés ethnoculturelles».
Un autre modèle
Le président de la CCHC, Pierre-Paul Gazemar, reconnait qu’il y a un problème en sens notamment au sein de la communauté haïtienne et « certaines entreprises ne peuvent plus exister dans le modèle d’origine». La CCHC travaille actuellement sur un modèle qui vise à reprendre ces entreprises et retails.
«Il y a plusieurs propriétaires de marché qui sont proches de la retraite et qui doivent partir et ces points qui représentent plusieurs millions de dollars de vente, dit-il, notre but c’est de permettre aux propriétaires de continuer à recevoir une ressource de ces entreprises reprises, à leur retraite.»
M. Gazmar parle de ce modèle comme étant d’un accompagnement de ces personnes qui ont travaillé dur pour partir et maintenir ces entreprises au sein de la communauté.
«Certains n’ont plus de revenus mensuels à la leur retraite et notre objectif est de leur réserver certaines actions aux propriétaires, afin de leur assurer une rentrée d’argent», explique Pierre-Paul Gazemar qui dirige Transcom.

La Chambre qui travaille sur le sujet promet d’apporter plus de précisions lors d’un Sommet sur l’alimentation au sein de la communauté qui doit se tenir le 22 mars prochain.
La plupart des enfants de ces entreprises haïtiennes semblent ne pas intéresser à reprendre le commerce de leur parent. Toutefois, les transferts peuvent se faire à des employés, ou à l’externe selon le CTEQ. Il s’agit d’un processus complexe pour les vendeurs et pour les acheteurs au niveau fiscal, légal, comptable, «il y a beaucoup de paramètres à regarder » selon Charles-André Morel.
Mais il n’y a pas que juste des difficultés, il y a des bénéfices aussi.
«Il y a beaucoup d’avantage à reprendre une entreprise que ce soit au niveau du financement, des ressources à disposition, il y a déjà des employés, une marque déjà existante, des historiques de vente contrairement à une entreprise qui démarre à l’aveugle», ajoute M. Morel.
La CCHC se veut la porte-parole de l’ambition commerciale de la communauté des entrepreneurs et gens d’affaires d’origine haïtienne du Canada. Un catalyseur de croissance économique forte qui rassemble et met en avant les ressources et les entreprises de son territoire.
D’une trentaine de membres, voilà un an, la chambre est passée 70 en 2024.