USA/Canada: les demandeurs d’asile passent encore

Malgré la fermeture de la frontière entre les USA et le Canada, des migrants en situation irrégulière continuent de traverser par le chemin Roxham pour le Québec, en majorité.
L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ne répond pas clairement à la question de In Texto, par courriel, à savoir: « Est-ce que le Canada refoule automatiquement les demandeurs d’asile » à cause de la pandémie.
« À l’heure actuelle, rien n’a changé relativement aux mesures déjà mises en place pour protéger les agents des services frontaliers. », nous a répondu Judith Gadbois St-Cyr, porte-parole de l’ASFC.
« Peu importe la façon choisie pour entrer au Canada, chaque personne passant notre frontière subit un dépistage pour la COVID-19 et d’autres problèmes de santé comme ce serait le cas normalement. », ajoute Mme Gadbois St-Cyr.
L’ASFC précise que les migrants subissent au moins deux examens en lien à leur état de santé dont un avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et un autre test avec l’agence.
Ils subissent aussi des entrevues individuelles afin d’établir leurs antécédents de voyage et d’évaluer leur état de santé, y compris l’observation de symptômes.
« Des salles d’isolement ont aussi été fournies en cas de contamination éventuelle afin d’éviter la propagation.», note les autorités frontalières.
Elles invitent les Canadiens à avoir confiance dans les mesures prises par les agents pour atténuer le risque d’entrée de la COVID-19 à tous les points d’entrée du pays.
Comme tous les voyageurs internationaux entrant au Canada par tous les modes, si les demandeurs d’asile irréguliers présentent des symptômes, ils sont référés à la santé publique pour un examen plus approfondi.
S’ils ne présentent aucun symptôme, il leur est fortement recommandé de s’isoler pendant 14 jours à leur arrivée au Canada. Des discussions sont en cours pour voir au confinement des migrants directement à la frontière avant de les laisser entrer au Canada.
Les données statistiques des entrées irrégulières ne sont pas disponibles pour le mois de février. L’ASFC dit accuser des retard de ce côté à cause de « l’évolution rapide de la situation ».
Toutefois, 4 680 migrants ont franchi la frontière canadienne en janvier dernier dont la moitié se destinait au Québec.
Travaux suspendus
Ces derniers devront patienter longtemps avant d’obtenir une date pour passer devant un juge. La Commission de l’immigration et du statut de réfugiés (CISR) remet, depuis le 17 mars, ses « audiences et des séances de médiation en personne » à l’exception des contrôles des motifs de détention.
« Les audiences et les séances de médiation reportées seront remises au rôle dans les plus brefs délais lorsque la CISR aura repris toutes ses activités. », précise la CISR sur son site Internet.
De plus, la Commission restreint autant que possible le transport des personnes détenues vers les locaux de la CISR.
La CISR se dit consciente des difficultés que la situation actuelle cause aux demandeurs d’asile et aux appelants et propose des mesures d’atténuation.
« Nous accordons temporairement des prolongations de délais, comme en font état l’Avis de pratique sur la prolongation temporaire des délais pour le dépôt du formulaire Fondement de la demande d’asile et l’Avis de pratique sur la prolongation temporaire des délais pour le dépôt de l’avis d’appel et la mise en état de l’appel. »
Suspension des renvois
Par ailleurs, le Canada a annoncé cette semaine suspendre les renvois des ressortissants étrangers en raison du COVID-19, une décision qualifiée de « pas dans la bonne direction » par Solidarité sans frontières, un groupe de pression qui milite en faveur des migrants irréguliers.
« Une suspension temporaire est loin d’être suffisante. Nous demandons l’amnistie générale pour toutes les personnes sans statut qui se trouvent actuellement sur le territoire canadien. », indique l’organisme dans un communiqué.